Maladie coeliaque ou hyper sensibilité de l'intestin?
Quelle différence?
La maladie cœliaque est bien différente des autres intolérances puisque c'est le système immunitaire qui est impliqué.
Il s’agit d’une maladie auto-immune déclenchée par le gluten chez les personnes ayant une prédisposition génétique, souvent non décelée.
Il est vrai que les symptômes, dont la fatigue, les ballonnements, les crampes, la diarrhée et les lésions cutanées, sont communs à plusieurs maladies. C'est une multitude de symptômes qui sont difficiles à analyser et qui peuvent s'apparenter souvent à d'autres pathologies.
C'est évidemment la raison pour laquelle la maladie cœliaque est difficilement détectable.
En fait, la maladie peut se déclencher à n'importe quel moment de la vie et se manifester par des symptômes très divers comme des problèmes articulaires, des diarrhées récurrentes ou des vomissements, une perte de poids non recherchée, ou encore une grande fatigue inexpliquée.
Lorsqu’une personne souffrant de la maladie cœliaque mange un aliment contenant du gluten, son système immunitaire s’active immédiatement.
Dès lors, il se produirait une destruction de la paroi du petit intestin, incluant une mauvaise assimilation du fer et du calcium ainsi que d'autres nutriments essentiels.
Pour faire simple, une diète sans gluten permettrait d’éliminer ou d'atténuer les symptômes de la maladie coeliaque. Mais seul, un test sanguin permet de confirmer le diagnostic.
Néanmoins avec l'aide d'un auto-test sanguin (outil développé par les laboratoires et pouvant être réalisé à la maison) , il est possible de poser le diagnostic qui doit, aussi être complété par une prise de sang en laboratoire, pour confirmation.
Une fois le diagnostic posé, seule la modification de l'alimentation permet de reconstruire la paroi de l’intestin. Il n'existe pas de traitement.
Il faut donc adapter son alimentation en fonction des aliments autorisés, ce qui, quelquefois, peut être déstabilisant pour le sujet touché.
Notons qu'il est toujours utile d'éviter les aliments qui peuvent être inflammatoires.
La maladie cœliaque toucherait aujourd'hui entre 0,5 et 1 % de la population occidentale (entre 300.000 et 600.000 personnes en France), selon les estimations les plus courantes. (Pr. Celllier)
L'Hyper sensibilité de l'intestin au gluten non coeliaque (HSGNC)
Cette hypersensibilité se définit par des symptômes tels que ballonnements, douleurs abdominales, alternances de diarrhées et de constipation, parfois des troubles de l’humeur, des troubles osseux ou cutanés, ou encore des céphalées, chez des sujets non cœliaques et non allergiques.
Ces symptômes disparaissent dès la suppression du gluten, et réapparaissent en cas de reprise.
Il est difficile de déterminer si le gluten lui-même est responsable du syndrome ou si ce sont les FODMAPS, des sucres fermentescibles associés aux céréales, qui provoquent des ballonnements.
La maladie cœliaque est cependant exclue car il n’y a pas d’atrophie villositaire, ni d’anticorps anti-transglutaminase (Ac anti-tTG) dans le sang.
Mais nous avons souvent observé des Ac anti-gliadine, et des maladies auto- immunes éventuellement associées, comme dans la maladie cœliaque.
La physio-pathogénie est pour l’instant mal connue :
● S’agit-il d’un sous-groupe de Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) ou d’une
forme latente de Maladie Cœliaque ?
● Y a-t-il augmentation de la perméabilité intestinale ?
● Un rôle du microbiote ?
● Une réaction dysimmunitaire impliquant des cytokines, ou une
inflammation ?
Professeur Christophe Cellier, chef du service d’hépato-gastro-entérologie de L’HEGP – Paris
(Source AFDIAG)